Les producteurs de lait déçus après l'échec des négociations

 

Les producteurs de lait du grand Ouest ont exprimé mercredi leur déception au lendemain de l’échec des négociations à Paris sur la fixation du prix du
lait, accusant les entreprises transformatrices de vouloir payer le produit «selon leur bon vouloir».

«Le risque c’est que les entreprises paient en fonction de leur bon vouloir, avec une inégalité de traitement entre producteurs d’un même territoire. On est
abasourdis car jamais la détresse des producteurs n’a été prise en considération», a indiqué à l’AFP Hervé Marie, président
de la section lait à la FDSEA de La Manche.

Faute d’un accord au niveau national, les producteurs ne savent pas à quel prix leur sera rétribuée leur livraison du mois d’octobre, alors que les premiers
paiements seront effectifs vers le 12 novembre. Ils ignorent s’ils bénéficieront de la dernière offre des industriels (une baisse de 30 euros pour 1000 litres de
lait par rapport au prix du troisième trimestre), ou s’ils percevront encore moins, les entreprises n’ayant aucune obligation de se baser sur des propositions faites lors d’une
négociation qui n’a pas abouti.

«La proposition de moins 30 euros pour 1000 litres contenait une clause de flexibilité pour les entreprises les plus en difficulté, d’où un prix pouvant aller
jusqu’à moins 40 euros au final», a expliqué Jean Turmel, président de la section lait de la FDSEA du Calvados.

Pour les producteurs du département, «moins 40 euros sur un trimestre, ça fait 25 millions d’euros qui sortent de la poche des producteurs pour aller enrichir les
transformateurs et leurs actionnaires ainsi que les distributeurs. Jamais le consommateur n’en profite», a regretté M. Turmel.

Le président de la section laitière FRSEA Bretagne Pays-de-Loire, Marcel Denieul, a reconnu de son côté que la baisse brutale des cours du beurre industriel
et de la poudre du lait pouvait mettre en difficulté certains transformateurs. Mais les agriculteurs «ont besoin d’une production régulée, c’est-à-dire
éviter d’avoir trop de lait à un moment et pas assez à un autre moment. On doit avoir la régularité sur les prix aussi, c’est toute notre
culture», a-t-il souligné.

Les producteurs de lait participeront massivement à la journée d’action sur le pouvoir d’achat de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs vendredi 7 novembre, ont
indiqué les syndicalistes.

 

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