Malgré la surmortalité, les huîtres ne feront pas défaut au réveillon

 

C’est le début de la pleine saison des huîtres et la production française est au rendez-vous, martèlent les ostréiculteurs qui soulignent qu’elle n’a
pas été affectée cette année par la surmortalité cet été des naissains et des huîtres juvéniles.

Le cocktail virus-bactérie qui a décimé entre 40 et 100% des très jeunes huîtres «n’a pas affecté celles dont la commercialisation
était prévue pour cet hiver», insiste le Comité national de la conchyliculture (CNC) qui organisait mercredi une dégustation avec des parlementaires au
ministère de l’Agriculture et de la Pêche.

«La surmortalité des naissains et des huîtres juvéniles a affecté des huîtres qui auraient dû être vendues à partir du
printemps 2009 pour celles de Méditerranée (10% de la production) et de l’hiver 2009/2010 pour celles des autres bassins», a assuré Goulven Brest,
président du CNC.

Pour qu’une huître arrive à maturité, il faut 10 à 12 mois en Méditerranée (où l’huître est immergée en permanence) et
jusqu’à trois ans sur la façade atlantique (où les marées mettent l’huître à découvert une partie de la journée), explique M.
Brest.

Pour cet hiver, les huîtres ont, assure le CNC, «des qualités gustatives et nutritionnelles uniques, renforcées. Celles-ci, moins nombreuses, sont
particulièrement choyées par les ostréiculteurs».

La baisse de la production se fera surtout sentir pour l’hiver 2009/2010, même si les ostréiculteurs vont essayer de l’étaler en conservant les plus petites
huîtres de la fin de cette saison pour les vendre la saison prochaine ou en anticipant la vente dès cette saison des plus belles, les «têtes de lot»,
prévues pour la saison prochaine, explique encore M. Brest.

Cependant, la profession s’inquiète également de la chute des prix de gros constatée depuis l’été alors que, selon M. Brest, «cette baisse ne se
répercute pas sur le prix payé par le consommateur».

L’huître de calibre N°2 est achetée 1 euro le kg (soit environ 10 huîtres) au lieu des 2,20 euros payés l’an dernier à pareille époque,
«sans que la baisse de prix affectant les ostréiculteurs ne bénéficie aux consommateurs».

«La N°3 (environ 14 huîtres/kg) se négocie à un prix moyen de 1,80 au lieu de 2,40 euros, mais continue d’être payée 5 à 6 euros par le
consommateur», s’insurge M. Brest.

«J’ai le sentiment que dans la filière, il y a des professionnels qui en profitent pour faire de gros profits”, a-t-il accusé en refusant d’être plus
précis, mais en soulignant qu’il y avait «peu d’intermédiaires» dans le secteur».

Les chercheurs de l’Ifremer (Institut français de recherches pour l’exploitation de la mer) ont déterminé que le taux de mortalité record – de 40 à
100% selon les zones – des jeunes huîtres était dû à un virus déjà connu qui a bénéficié cette année de conditions
favorables de développement.

Les ostréiculteurs ont bénéficié d’aides financières, comme des allègements de charges et des prêts pour financer le rachat de naissains,
et la perte des naissains a été indemnisée au titre des calamités agricoles. Mais les ostréiculteurs, pour qui la perte de recettes se fera surtout
sentir en 2009 et 2010, souhaitent que «les allègement de charge puissent se poursuivre en 2009», selon M. Brest.

La France, premier producteur européen et quatrième mondial, derrière la Chine, le Japon et la Corée du Sud, compte 15.000 à 20.000
ostréiculteurs, qui produisent 130.000 tonnes d’huîtres par an.

 

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