Sprint final dans la course à la Maison-Blanche

Sprint final dans la course à la Maison-Blanche

 

Si Sarah Palin espérait
une «sur­prise d’octobre» de nature à modifier l’état d’esprit des électeurs, elle se serait passée de la «surprise du
1er novembre
» dont elle a été la victime. Samedi, son attachée de presse a reçu un appel sur son portable d’un individu au fort accent
français se faisant passer pour Nicolas Sarkozy. «C’est merveilleux de vous entendre, merci de nous appeler, a répondu avec entrain la colistière de
John McCain. Nous avons un tel respect pour vous, nous
vous adorons !» Ont suivi six minutes de conversation surréaliste, durant lesquelles seul quelqu’un ignorant tout du chef de l’État français pouvait se
méprendre.

Sans chercher à imiter sa voix, les auteurs du canular, deux Canadiens producteurs d’une émission satirique, coupent la parole à leur interlocutrice, lui posant des
questions provocantes et parfois grossières. Polie ou naïve, la candidate glousse aux provocations sur son goût pour la chasse et son mari «Joe le
plombier». Dans un communiqué suivant l’incident, elle se dira «moyennement amusée» d’avoir ajouté son nom à «la liste des chefs
d’État, y compris le président Sarkozy, piégés par ces plaisantins». «C’est la vie», ajoute sa porte-parole, en français dans le
texte.

La tension d’une fin de campagne n’empêchant pas l’humour, McCain s’est prêté samedi à un exercice devenu rituel : l’émission «Saturday Night
Live» (SNL) sur NBC, qui associe les vrais politiciens à leur caricature. En compagnie de Tina Fey en Sarah Palin, le républicain a parodié la demi-heure de
publicité que s’était offerte son rival démocrate sur les antennes mercredi soir. Faute de moyens comparables, il y présente une émission de
téléachat, vendant des couteaux pour trancher dans le «pork» (une allusion aux budgets électoralistes qu’il a promis de supprimer), un brumisateur
diffusant de «l’air frais» venu d’Alaska et des bijoux baptisés «McCain Fine Gold» (un jeu de mots avec la loi McCain-Feingold sur le financement
électoral).

Dans une tirade sur sa stratégie de «franc-tireur à l’envers» ou de «double franc-tireur», le républicain a implicitement reconnu ses
difficultés électorales. Mais son entourage ne cède rien : «Nous sommes en train d’assister à un come-back spectaculaire», assure son
directeur de campagne, Rick Davis. Le camp adverse n’y croit pas, mais reste prudent : «N’allez pas vous imaginer une seconde que c’est déjà joué»,
lance Barack Obama à ses partisans.

Le dernier sondage AP-Yahoo! situe McCain huit points derrière Obama (51 %-43 %). Celui d’ABC-Washington Post place pour la première fois le démocrate
au-dessus de la majorité absolue (53 %-44 %). À la veille du scrutin, la marge de manœuvre se réduit : avec le succès sans
précédent du vote par anticipation (dans le Colorado, 46 % de l’électorat a déjà voté), la proportion d’indécis est tombée
à 7 %.

 

L’ironie cinglante de Schwarzenegger

À part son détour par New York pour «SNL», McCain a sillonné ce week-end la Virginie, la Pennsylvanie, le New Hampshire et la Floride. Il prévoit
d’y ajouter d’ici à mercredi le Tennessee, l’Indiana, le Nouveau-Mexique, le Nevada et l’Arizona. Obama a fait campagne en famille dans le Colorado, le Missouri, le Nevada et
l’Ohio. Il sera aujourd’hui en Floride, en Caroline du Nord et en Virginie, avant une escale en Indiana sur la route de Chicago. Ces itinéraires décrivent un champ de
bataille très différent des précédentes élections, le démocrate passant l’essentiel de son temps en territoire réputé
républicain, où McCain défend ses positions.

Dans le Wyoming, son État d’adoption, le vice-président Dick Cheney, figure la plus impopulaire de l’Administration sortante, a rendu service à son corps
défendant au sénateur de l’Illinois en appelant à voter pour McCain. Un appui «bien mérité», a ironisé le démocrate. Ce
dernier a été à son tour victime de l’ironie d’Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de Californie, qui l’a invité à «muscler ses jambes
maigrichonnes, ses petits bras et ses idées». Une agressivité surprenante de la part d’un homme cité comme possible secrétaire à
l’Énergie dans une Administration démocrate.

Le favori a également eu droit à sa «surprise de novembre», avec la révélation qu’une de ses tantes kenyanes, Zeituni Onyango, séjournait
en situation illégale à Boston. Obama a fait savoir qu’il n’en savait rien et n’avait pas vu cette sœur de son père depuis deux ans.

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