Paris maintient l'embargo sur les OGM, malgré l'avis de l'Afssa
14 Febbraio 2009
Le gouvernement français assure qu’un avis de l’Agence française de sécurité sanitaire
des aliments (Afssa) réaffirmant l’innocuité alimentaire du maïs OGM ne remet pas en cause son embargo a assuré jeudi 12 février le Premier ministre
François Fillon. “Nous maintenons la décision de suspension prise en 2008 dans l’attente de la décision de la Commission européenne, que nous respecterons,
cela va de soi”, a affirmé à Bruxelles le François Fillon, à l’issue d’une réunion avec le président de la Commission européenne,
José Manuel Barroso.
Clause de sauvegarde
La question de la dissémination dans la nature des cultures OGM, à l’origine de la clause de sauvegarde, est toujours d’actualité, a de son côté
estimé le ministre de l’agriculture Michel Barnier. “Cette question, nous l’avons posée au niveau européen, de manière précise et rigoureuse pour
avoir de meilleures réponses que par le passé, cette question reste posée”, a-t-il déclaré en marge d’une visite dans les Landes. “Il y a un
risque de dissémination dans la nature”. En 2008, la France a activé la clause de sauvegarde qui permet à un pays européen d’interdire la culture sur son
sol d’un organisme génétiquement modifié même si celui-ci est autorisé au plan communautaire. Il doit alors justifier sa décision
scientifiquement.
Après la publication dans la presse des conclusions de l’Afssa, avec une semaine d’avance, le ministère de l’Ecologie a démenti tout changement de cap
gouvernemental face à la colère des organisations de défense de l’environnement.
“Le fondement de la clause de sauvegarde repose sur des risques jugés sérieux pour l’environnement et non pas sur des risques sanitaires, objet de l’avis de ce jour de
l’Afssa”, précise le ministère dans un communiqué.
“Aucune nouveauté”
Dans un entretien à paraître ce vendredi dans Le Parisien-Aujourd’hui en France, le ministre de l’Ecologie, Jean-Louis
Borloo, estime qu’il “n’y a aucune nouveauté dans l’avis de l’Afssa” et que “la suspension de la culture des OGM en France n’est pas remise en cause”. Plusieurs organisations
écologistes ont dénoncé le rapport de l’Afssa, critiquant un “avis politique, pas scientifique”, à quelques jours d’un débat au niveau
communautaire qui pourrait contraindre la France à lever l’interdiction de cultiver du maïs Monsanto dans ses champs.
Dans un communiqué, le semencier américain se déclare “pas surpris” de l’avis de l’Afssa, réaffirmant que “les variétés de maïs
contenant MON 810 sont sûres pour le consommateur et l’environnement”.
Un comité d’experts européens doit se prononcer lundi sur le maintien de la clause de sauvegarde appliquée en France et en Grèce. Le cas de la Hongrie,
qui interdit également la culture du MON 810, fera l’objet d’une réunion au niveau des ministres européens de l’Environnement début mars. Jean-Louis
Borloo est attendu lundi à Bruxelles.
Pas de nouveauté
L’autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a toujours estimé qu’aucune preuve scientifique ne justifiait les embargos alors que sept
pays de l’Union européenne ont utilisé en 2008 des semences OGM dans leurs champs. Pour Pascale Briand, directrice générale de l’Afssa, cet avis
n’apporte rien de nouveau au débat. “Il n’y a pas de changement de position de l’Afssa”, a-t-elle déclaré à Reuters. “Sur ce maïs-là, les
données dont nous disposons entraînent pour conclusion qu’il y a le même niveau de sécurité sanitaire que les variétés de maïs
conventionnel”, a-t-elle ajouté. “Franchement, je ne sais pas à qui profite le crime. Je m’interroge. Je n’arrive pas à voir qui a avantage à quoi, des
antis ou des pros”, a-t-elle expliqué. L’organisation écologiste Greenpeace a dénoncé “une grossière manipulation des groupements
d’intérêt pro-OGM”.
Per Newsfood.com Rosalba Mastroianni : ctraduzioni@yahoo.it





