Recul « préoccupant » des ventes de vins français

Recul « préoccupant » des ventes de vins français

L’essentiel des vins français peinent à trouver preneurs. Les volumes baissent et les prix oscillent entre la stabilité et une légère hausse pour la
majorité de la production. « A six mois de la prochaine récolte, le constat est très préoccupant », estime Georges-Pierre Malpel, directeur
général de l’Office national interprofessionnel des vins et de l’horticulture (Viniflhor). « Les vins qui ne sont pas vendus à ce stade ont peu de chance de trouver
preneurs plus tard », explique-t-il. En conséquence de quoi, l’Office des vins juge « inévitable une baisse du chiffre d’affaires sur l’ensemble de la campagne
2008-2009 ». Les négociants commercialisent leurs stocks et ne se réapprovisionnent pas auprès des producteurs. La plupart des vins rouges de qualité
supérieure (AOC et VDQS) sont confrontés au repli en volume. Leurs prix sont stables ou en légère progression. Les blancs, logés à plus mauvaise
enseigne, sont en forte chute. Les vins de pays, qui souffrent également, ont fléchi de 23 %.

Décrochage des prix

Les prix, qui sont en légère hausse sur six mois, marquent un palier depuis début 2009. Pour les vins de table, la situation est pire encore : les rouges accusent un recul
de 34 % par rapport aux ventes enregistrées sur la même période un an avant, tandis que les blancs limitent la chute à 20 %.

Avec une baisse des volumes de 1 %, le marché français s’est nettement mieux tenu que l’exportation.« Les consommateurs français ont moins réduit leurs achats
de vins que leurs achats d’eau en bouteille ou de viande », constate Viniflhor, sans proposer d’explication. Tandis que les ventes à l’étranger ont plongé de 10,5 %,
pour des prix globalement stables. L’Australie et l’Espagne continuent de prendre des parts de marché à la France au Royaume-Uni, son marché historique. Le
décrochage des prix de l’offre française par rapport aux productions espagnole et italienne explique aussi les contre-performances. Le commerce avec l’Allemagne est moins
affecté qu’avec la Grande-Bretagne. D’une manière générale, Viniflhor constate « beaucoup d’incertitudes et de prudence dans le comportement des acheteurs
». Les assurances sur les crédits à l’exportation sont difficiles à négocier. Face à ces difficultés de marché et à la
médiocre qualité de certains lots, des régions, dont les Côtes du Rhône, envisagent de détruire une partie de leur production.

MARIE-JOSÉE COUGARD, Les Echos

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