Des industriels tentent de cacher les hausses des prix alimentaires

 

Certains fabricants de produits alimentaires utilisent des pratiques «pernicieuses» pour dissimuler l’augmentation des prix d’après le mensuel «60 millions de
consommateurs».

L’inflation avance dorénavant masquée. Les fabricants de produits alimentaires ont utilisé différents procédés pour augmenter leurs prix sans
attirer l’attention des consommateurs, selon une enquête du magazine «60 millions de consommateurs». Le mensuel à paraître jeudi détaille les
pratiques «douteuses» des industriels de l’alimentaire : changement d’emballage, diminution du poids par paquet, modification de la recette. Il faut «être un
consommateur sacrément avisé» pour remarquer ces procédés «douteux» fait remarquer le magazine. Même les statistiques officielles ont
du mal à les détecter souligne l’enquête du magazine de l’Institut national de la consommation (INC).

 

Des procédés ingénieux

Le mensuel cite par exemple les biscuits «Prince» de Lu. Le paquet a maigri, passant de 330g avant l’été à 300g à la rentrée, soit 9% de
produit en moins pour le même prix par paquet. «Cela n’a rien à voir avec la hausse des matières premières, dément Lu France. Nous avons
amélioré les qualités nutritives des biscuits Prince, en réduisant le sucre et les matières grasses. Cela a entraîné une réduction
du poids et du nombre de calories par biscuit.»
Jockey de Danone a également réduit ses pots de fromage blanc de 1kg à 850g sans modifier le prix du produit. Un procédé qui permet aux fabricants
d’augmenter considérablement leur prix au kilo explique le magazine.

Une autre astuce consiste à changer l’emballage pour laisser croire à un nouveau produit. Des chewing-gums vendus chez Aldi sous la marque Feel Free sont ainsi
passés de 13,75 euros/kg à 20,73 euros/kg dans leur nouveau conditionnement. Soit une augmentation de 50% du prix pour le même produit !

 

Modification des recettes

Enfin, la troisième méthode, «probablement la plus pernicieuse» selon le mensuel, est la modification des recettes. Le magazine explique qu’il s’agit de
remplacer des ingrédients coûteux par des matières premières moins chères ou de changer la composition pour diminuer le coût de revient du
produit. C’est le cas notamment des matières grasses végétales (palme ou colza) qui remplacent le beurre dans de nombreux biscuits. Pas étonnant que les
témoignages de modification de goût, de texture ou de consistance se multiplient de la part des consommateurs affirme le mensuel de consommateurs. Ces changements de
recettes semblent être «surtout l’apanage des premiers prix ou du hard discount» explique le magazine.

Une pratique réfutée par le représentant des industries alimentaires. Jean-René Buisson, président de l’Association nationale des industries
alimentaires (Ania) se dit «réticent sur la qualité des enquêtes» du magazine de l’INC. D’après lui, «en général, il n’y a
augmentation de prix que quand il y a un changement de recette, donc quand il y a une valeur ajoutée au produit».

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