Charte contre l'obésité: l'UFC Que-Choisir “scandalisé”
18 Febbraio 2009
La Charte qui doit être signée mercredi par les professionnels de la télévision et de la publicité pour réguler la
publicité alimentaire dans les programmes télévisés pour enfants constitue un “renoncement à agir”, a réagi, “scandalisé”, l’UFC-Que
Choisir.
La charte prévoit seulement des mesures d’éducation et de sensibilisation à
la nutrition, “ce qui est important, mais ne saurait suffire”, a indiqué mardi
à l’AFP Olivier Andrault, chargé de mission nutrition à l’UFC-Que Choisir.
Parmi les mesures prévues, figurent des spots de 10 à 15 secondes, financés
par les producteurs audiovisuels, sur l’hygiène de vie, selon M. Andrault.
“Mais aucune précision n’est donnée sur la fréquence de ces spots”,
ajoute-t-il.
La charte prévoit que les chaînes privées devront diffuser 10 à 15 heures
de programmes par an sur l’activité physique, et que l’industrie alimentaire
financera des programmes courts sur la nutrition. “Tout cela sera soumis au
CSA et à l’autorégulation de la publicité, qui n’ont aucune expertise
nutritionnelle, et ne sera aucunement validé par le PNNS (Plan national
nutrition santé)”, s’insurge M. Andrault.
Un rabais de 60% sera accordé aux communications de l’Institut national de
prévention et d’éducation pour la santé, ce qui ne comblera pas l’écart de
moyens avec l’industrie alimentaire, note-t-il. L’écart de moyen entre la
communication santé et la publicité alimentaire passera avec cette réduction
de 1 à 100 au lieu de 1 à 300, selon lui.
Opter pour cette charte “constitue un renoncement à agir et à mettre en
oeuvre toutes les recommandations des nutritionnistes et des pédiatres”,
ajoute M. Andrault. Il rappelle que les grandes agences sanitaires ont
préconisé de limiter les publicités dans les programmes pour enfants aux
aliments dont le contenu nutritionnel est bon (ni trop salés, ni trop sucrés,
ni trop gras), “comme c’est le cas en Angleterre depuis un an et demi”.
Selon lui, la charte est un “contre-feu pour éviter une réglementation”
plus contraignante, telle que proposée par l’amendement 552 au projet de loi
sur l’hôpital, en cours de discussion.





