Danone malmené par une rumeur en Chine

 

Des médias chinois affirment, sans révéler une quelconque source, que des bébés seraient tombés malades dans le pays après avoir bu
du lait de la marque Dumex, contrôlée par le groupe français. Les contrôles effectués par le gouvernement n’ont pour l’instant
révélé aucune contamination.

DE NOTRE CORRESPONDANT À PÉKIN.

Depuis le début de la semaine, les médias chinois multiplient les reportages sur un « nouveau » scandale de lait frelaté à la
mélamine impliquant, cette fois, Dumex, une filiale du groupe Danone, qui doit déjà gérer dans le pays son conflit avec Wahaha. La presse et les
très actifs forums Internet du pays évoquent, sans citer une quelconque source, la contamination de 48 bébés qui auraient « récemment
»
souffert de maladies rénales après avoir bu du lait en poudre de la marque française.

Mobilisés, les responsables de Dumex dans le pays ont expliqué hier sur leur site chinois qu’il n’existait aucun rapport médical ou une quelconque information
indiquant que des enfants avaient été intoxiqués par leur produit. Ils rappellent par ailleurs que l’intégralité des lots fabriqués dans le
pays depuis avril 2007 ont récemment été testés par les laboratoires gouvernementaux, qui ont accru leurs contrôles depuis l’empoisonnement l’an
dernier de plus de 300.000 enfants et le décès d’au moins 6 six nourrissons. « Nous sommes convaincus qu’il n’y a aucun problème », promet un
proche du groupe français.

Pour désamorcer toute nouvelle crise, le Bureau municipal de la qualité et de la supervision technologique de Shanghai a annoncé hier qu’il avait ouvert une
enquête sur les productions de Dumex et qu’il allait particulièrement s’intéresser aux lots écoulés avant le 14 septembre 2008. Les cadres de Dumex
espèrent que cette enquête permettra d’apaiser les consommateurs, mais craignent que la campagne médiatique n’ait tout de même un impact sur leurs ventes de
lait pour bébé, qui avaient largement profité, en 2008, de l’implication de la plupart de leurs grands concurrents chinois dans le scandale de la mélamine.

Dans l’attente des résultats, des experts s’interrogent sur l’origine de la nouvelle affaire et se demandent si la rumeur n’aurait pas été encouragée,
comme c’est régulièrement le cas en Chine, par des acteurs du marché agacés par le récent succès des marques étrangères.

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