Obama devrait nommer rapidement son équipe

 

Pour le poste essentiel de futur Secrétaire au Trésor, Larry Summers, Timothy Geithner, Robert Rubin et Paul Volcker sont les plus souvent
cités.   
  

Barack Obama ne va parvenir formellement au pouvoir que dans deux mois et demi. Mais il va devoir commencer à définir très rapidement les contours de sa future
administration. Alors que de l’avis général peu de nouveaux présidents américains sont entrés en fonction dans une situation aussi difficile pour le
pays (deux guerres et une crise économique), ses choix devraient être cruciaux. Le New York Times compare ainsi son arrivée au pouvoir avec celle d’Abraham Lincoln,
durant la Guerre civile, ou Franklin D. Roosevelt, durant la grande dépression des années 30…

Sa tâche devrait cependant être facilitée par le fait que les démocrates ont vu mardi leur majorité confirmée au Congrès. Selon des
résultats partiels, les démocrates pourraient gagner 5 sièges de plus pour atteindre 56 sièges sur 100 au Sénat et ont conforté leur
majorité à la Chambre des représentants, les députés.

Le premier à être nommé, dès mercredi selon l’agence Reuters, devrait être le futur chef de l’administration de la Maison Blanche (Chief of
staff), une sorte de directeur de cabinet, le plus proche de ses collaborateurs. Selon la presse américaine, il devrait s’agir du rude Rahm Emanuel, un élu de
l’Ilinois comme Obama dont il est un ami, ancien de l’équipe Clinton et actuellement numéro quatre des Démocrates à la chambre des Représentants. Les
noms de Tom Daschle, un Démocrate ancien leader du Sénat ou surtout de John Podesta, ancien chief of Staff de Bill Clinton circulent aussi.

En tout état de cause, ce dernier _ qui pourrait aussi prendre en charge le budget dans le futur gouvernement _ devrait former le cadre de l’équipe de transition jusqu’au
20 janvier, date d’entrée en fonction effective, avec Valerie Jarett, collaboratrice de longue date du nouveau président et de Pete Rouse, le chief of
staff au Sénat du nouveau Président. Le but est d’éviter le chaos qui avait régné dans l’équipe Clinton en 1992, ce dernier n’ayant
annoncé ses choix que le 15 janvier, à moins d’une semaine de son intronisation.

Cette question est d’autant plus sensible que Barack Obama va être associé dans les semaines à venir aux discussions autour du sauvetage de
l’économie. Et notamment participer au sommet économique des 20 pays les plus important du monde (G20) le 15 novembre prochain. L’un des postes les plus sensibles
dans le futur gouvernement devrait ainsi logiquement être celui de Secrétaire au Trésor, le ministre des Finances.

Les observateurs estiment que le nouveau président devrait faire le choix de l’expérience, compte tenu des défis auxquel il devra faire face. Les noms qui
reviennent avec le plus d’insistance sont ceux de Lawrence Summers (53 ans), le dernier secrétaire au Trésor de Bill Clinton, et Tim Geithner (47 ans),
l’actuel président de la Réserve fédérale de New-york. Ce dernier a été le bras droit de Ben Bernanke, le président de la Fed, dans
la gestion de la crise ces dernières semaines et a des relations étroites avec les patrons des grandes banques américaines. Mais il pourrait cependant lui
être reproché le lâchage et la faillite de la banque Leman Brothers, qui a accentué la chute des marchés.

Parmi les outsider figurent Robert Rubin, lui aussi ancien secrétaire au Trésor de l’ère Clinton, Paul Volcker, l’ancien président de la Fed,
entre 1979 et 1987, qui a étroitement collaboré avec le futur président ces dernières semaines, et même Warren Buffet, l’homme le plus riche du
monde, à la tête de son fond Berkshire Hathaway. Mais il a 78 ans… Celui-ci aurait suggéré le nom de Sheila Blair, qui dirige la Federal Deposit
Insurance Corporation, agence indépendante du gouvernement fédéral qui assure les dépôts des particuliers dans les banques et les institutions
d’épargne.

Le poste de Secrétaire d’Etat, ministre des Affaires étrangères, est évidemment toujours important. C’est le poste pour lequel le choix semble le
plus ouvert. Certains évoquent le nom de Richard Lugar, sénateur d’Indiana. Les deux ont travaillé étroitement ensemble, mais Lugar a
l’inconvénient d’être Républicain. D’où les noms du Sénateur John Kerry, ancien candidat démocrate en 2004, de l’ancien
représentant des Etats-Unis à l’ONU Richard Holbrooke, ou encore Sam Nunn, Bill Richardson, Susan Rice ou Gregory Craig. L’un ou l’une des
recalés pourrait être nommé Conseiller à la sécurité à la place de Condoleezza Rice.

Robert Gates, l’actuel Secrétaire à la Défense, pourrait rester en fonction, ce qui pourrait permettre d’engager plus rapidement le désengagement
des troupes d’Irak et pourrait servir de fusible en cas de difficultés inattendues. Les autres noms évoqués pour le poste de chef du Pentagone sont ceux de
Richard Danzig, ancien Secrétaire à la Marine, Colin Powell, l’ancien Secrétaire d’Etat de George W. Bush, qui a appelé à voter
Obama, les sénateurs républicains Chuck Hagel, qui a accompagné Obama lors de son voyage en Irak et en Afghanistan l’été dernier et
Richard Lugar ou le sénateur démocrate Jack Reed.

Le poste d’Attorney General, ministre de la Justice, semble devoir revenir à Janet Napolitano, l’actuelle gouverneur d’Arizona, qui est très proche du
nouveau président. Mais elle pourrait refuser de venir à Washington, ce qui pourrait laisser la place à Eric Holder, qui a été
brièvement à ce poste sous Bill Clinton, ou encore Tim Kaine ou Deval Patrick.

Vincent de Féligonde

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