Salon international de l'alimentation: séduire les clients malgré la crise

Salon international de l'alimentation: séduire les clients malgré la crise

 

Les industriels de l’agroalimentaire, réunis à partir de dimanche pour le salon international de l’alimentation (SIAL) sur fond de crise
financière, misent sur l’innovation pour conquérir de nouveaux marchés et séduire les clients malgré la baisse de leur pouvoir d’achat.

En dépit de la crise, les exposants ne se sont pas désistés: “nous n’avons
pas plus de désaffections que les années précédentes”, assure à l’AFP, Cécile
Bassot, commissaire générale de ce salon professionnel.
   “Maintenant il faut que les acheteurs soient au rendez-vous”,
ajoute-t-elle, tout en se disant “optimiste”.
   Quelque 5.500 exposants, originaires de 101 pays, et 145.000 visiteurs sont
attendus pour cette 22ème édition du SIAL qui se tiendra jusqu’au 23 octobre
au parc des expositions de Paris-Nord Villepinte (Seine-Saint-Denis).
   “Pour la première fois depuis de nombreuses années la participation
française s’est stabilisée. C’est plutôt un bon signe”, souligne encore Mme
Bassot.
   Avec 1.200 exposants, dont une grande majorité de PME, la France est le
pays le plus représenté devant l’Italie, l’Espagne, la Chine, la Belgique, ou
encore les Pays-Bas. Quelques pays sont là pour la première fois: Afghanistan,
Albanie, Gabon…
   “Les entreprises (françaises) qui exposent sont parmi les plus toniques et
les plus dynamiques”, souligne Jean-René Buisson, président de l’Association
nationale des industries alimentaires (Ania). L’agroalimentaire est l’un des
fleurons de la France à l’exportation.
   “A notre avis, étant donné leur présence à l’exportation, elles souffrent
moins que les entreprises qui ne sont que sur le marché français” malmené par
la baisse du pouvoir d’achat, ajoute-t-il.
   Il admet toutefois avoir encore “du mal à mesurer les conséquences de la
crise financière actuelle sur ces entreprises”.
   Parmi les exposants français, le groupe Malongo, spécialisé dans les cafés
haut de gamme issus du commerce équitable, constate lui déjà l’impact de cette
crise. Avec un chiffre d’affaires annuel de 80 millions d’euros, Malongo était
habitué à une croissance de 10 à 15%. Elle n’est désormais plus que de 2%.
   “En France, l’économie réelle est très plombée”, souligne Jean-Pierre
Blanc, son directeur général. Malongo emploie 400 salariés et est présent dans
la restauration et la grande distribution.
   “Nous misons sur l’exportation avec pour objectif d’y faire 30 à 40% de nos
ventes, contre 11% actuellement”, précise M. Blanc, dont les produits sont
déjà présents en Espagne, Suisse, Etats-Unis, Canada, Chine, notamment.
   Innover pour s’implanter sur de nouveaux marchés, c’est aussi la planche de
salut pour Guyader Gastronomie, une autre PME (250 salariés et 42 millions de
chiffre d’affaires), présente dans les produits de la mer, la charcuterie et
les activités de traiteur.
   Récompensé lors du précédent Sial pour l’emballage et la fabrication de
“mises en bouche” cuites sous vide, le PDG Christian Guyader souhaite lui
aussi doper ses ventes à l’export qui s’élèvent actuellement à 10% de son
chiffre d’affaires.
   Pour Guyader, la conquête de nouveaux marchés est un impératif d’autant
plus pressante que le groupe est préoccupé par l’application de la nouvelle
loi sur la modernisation de l’économie (LME), un “point plus stressant” que
“l’ambiance générale”.
   “Il est très difficile d’en mesurer les conséquences”, ajoute M. Guyader.
Cette loi qui prévoit la libéralisation des négociations entre industriels et
distributeurs incite “à la prudence dans notre stratégie et nos
investissements”.

Leggi Anche
Scrivi un commento