Barnier réorganise les aides agricoles au profit des éleveurs

By Redazione

 

Le ministre de l’Agriculture a annoncé une réaffectation d’environ 18 % des aides communautaires à la production. Un premier pas vers un meilleur équilibre
entre les soutiens aux grandes cultures et ceux versés pour les productions animales.

Vaste et délicat chantier que celui auquel Michel Barnier s’est attaqué : la réorganisation des aides agricoles. Convaincu de la nécessité de rendre
«plus légitimes» les soutiens aux productions végétales et animales avant la nouvelle réforme en 2013 de la politique agricole commune, le
ministre de l’Agriculture et de la Pêche a annoncé hier sa décision de modifier les clefs d’attribution des enveloppes.

Après des mois de discussions ardues avec la profession, Michel Barnier a décidé d’affecter différemment 1,4 milliard d’euros, soit 18 % des aides directes
versées par Bruxelles aux céréaliers et aux éleveurs. La plus grosse part sera prélevée sur les productions végétales. La mesure
prendra effet à l’automne 2010 : les bénéficiaires de l’opération seront d’abord les producteurs de viande bovine, ovine et caprine, dont les revenus
très bas mettent en péril la pérennité de leur métier. Ce sont eux qui recevront la plus grosse part de ce gâteau.

«L’agriculture européenne n’a résisté à la crise mondiale actuelle que grâce à la politique d’aide de Bruxelles», a expliqué
Michel Barnier. «Il faut la préserver au-delà de la réforme de 2013, et cela ne sera possible que si nous justifions les soutiens sur le plan
économique, écologique et territorial», a-t-il ajouté. C’est dans cet esprit que le gouvernement a décidé de faire également un effort en
faveur des petites exploitations, ainsi que des producteurs de lait de montagne, de blé dur du sud de la France ou encore des producteurs de légumes et de pommes de terre,
qui souffrent d’une réelle différence de traitement budgétaire.

Préserver emploi et paysage

Les moyens accordés aux surfaces herbagères, qui totalisent 45 % de la superficie agricole nationale, seront quadruplés. L’idée est, dans ce cas, de
préserver emploi et paysage. Parmi les bénéficiaires de la réorientation des aides, il convient également de citer l’agriculture biologique, les
producteurs de protéines végétales, «essentielles au regard de l’indépendance alimentaire du cheptel», et les productions
énergétiques.

Enfin, le ministre a souhaité dans ce cadre instaurer un système de protection des exploitations contre les aléas climatiques et sanitaires. Jean-Michel
Lemétayer, président de la FNSEA, d’accord pour « un rapprochement des soutiens », a salué la décision du ministre, tout en demandant de
prévoir un nouveau rendez-vous en 2010. «Car les aides prélevées sur les cultures végétales feront gravement défaut aux
céréaliers si le prix du blé à la production tombe à 120 euros la tonne».

Marie-Josée Cougard

 

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