Le sucre tenté par les hauteurs

Le sucre tenté par les hauteurs

Cette considération technique l’empêche de prendre son envol alors que des fondamentaux positifs – l’affaiblissement du dollar et la remontée du pétrole –
justifieraient une ascension vers le haut de la fourchette, voire au-delà. En dépit de ces hésitations, ce produit agricole s’est apprécié de quelque 7 % depuis
début 2009 dans un environnement pourtant longtemps marqué par le raffermissement du dollar.

Du côté du marché physique, les nouvelles sont favorables. Kona Haque, en charge de la stratégie d’investissement sur les matières premières pour
Macquarie Bank, anticipe pour 2008-2009 la formation du premier déficit global en trois ans. La chute de la production indienne en est le principal facteur. L’Association des raffineries
indiennes table sur un plongeon de 40 % de la production de sucre, à moins de 17 millions de tonnes. Mais une offre inférieure aux attentes pourrait voir le jour ailleurs aussi,
ajoute la spécialiste. « Dans des conditions normales de marché, il est certain que cela se serait traduit par une forte hausse des prévisions de cours
»
, poursuit la stratégiste.

L’incertitude qui règne ces temps-ci incite en revanche à un optimisme plus prudent. Plusieurs éléments essentiels peuvent battre en brèche la perspective
d’un déficit de l’offre. Tout d’abord, la demande mondiale, qui pourrait se révéler moindre qu’anticipé. Les exportations brésiliennes pourraient aussi
surprendre par des volumes en augmentation en raison d’une demande intérieure d’éthanol en retrait. Une autre inconnue concerne le niveau global des stocks de couverture des
contrats à terme dans les grands pays consommateurs, comme l’Inde.

Adoption massive de positions longues

Enfin, il faut surveiller attentivement le comportement des investisseurs à l’égard de la classe d’actifs des matières premières, dont le sucre est une composante.
Pour l’heure, sur ce dernier point, les opérateurs montrent un certain intérêt pour ce produit en adoptant massivement des positions longues. Signe qu’ils tablent, eux
aussi, sur la formation d’un déficit dans la saison en cours. Macquarie Bank estime ce dernier à 7,4 millions de tonnes, contre un excédent de 9,6 millions un an
auparavant. Fortis épouse, à son tour, cette vision en pronostiquant une offre inférieure de 4,27 millions de tonnes en 2008-2009 après un surplus de 6,37 millions
de tonnes en 2007-2008.

M. P., Les Echos

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