Belvédère exclut de céder Marie Brizard pour se désendetter

Belvédère exclut de céder Marie Brizard pour se désendetter

Belvédère, la société française de vins et spiritueux, sous procédure de sauvegarde depuis le 16 juillet 2008, présentera un plan d’apurement de
sa dette d’un montant de 500 millions d’euros, au tribunal de commerce de Dijon le 21 avril. « Je vais proposer une sortie globale de l’ensemble de la créance
échelonnée sur une période supportable pour le groupe »,
déclare aux « Echos » le PDG de Belvédère, Jacques Rouvroy. Le tribunal,
qui transmettra la proposition aux créanciers, devrait rendre son avis dans un délai d’un mois suivant l’audience du 21 avril.

Le plan de désendettement, toujours en cours de préparation, devrait passer par la cession de plusieurs terrains détenus par la société en Pologne (Cracovie),
en Bulgarie et en Lituanie, ainsi que par « la vente de certaines marques non stratégiques », que Jacques Rouvroy refuse de citer précisément.

Ces opérations ont pour but de générer « du cash, dont Belvédère a besoin pour rembourser la totalité de sa dette ». Celle-ci inclut
une créance constituée d’obligations à taux variables, dites FRN (« floating rating notes »), pour un montant de 375 millions d’euros, souscrites pour financer
l’acquisition de l’entreprise bordelaise Marie Brizard en 2006. Elle comprend également des obligations à bons de souscription (Obsar) pour 100 millions d’euros et un passif de 25
millions d’euros.

Marie Brizard ne fait pas partie du montage qui sera proposé au tribunal de Dijon, affirme le PDG du groupe, confirmant ainsi ses propos aux représentants des 700 salariés
de la société lors d’un récent comité d’entreprise. Jacques Rouvroy reconnaît néanmoins qu’« un bon prix est toujours susceptible de
déclencher une vente ».

Quant à savoir pourquoi ses concurrents sont nombreux à prétendre avoir le dossier Marie Brizard sur leur bureau, le PDG de Belvédère répond que
« c’est normal qu’une telle maison suscite de nombreux appétits ».

« Echapper au démantèlement »

Par ailleurs, Jacques Rouvroy insiste sur les raisons qui l’ont conduit à réclamer le déclenchement de la procédure de sauvegarde, à l’été 2008,
et sa prorogation auprès du tribunal de Beaune. « Nous n’avions pas d’autre solution pour échapper au démantèlement de la société alors que
les créanciers réclamaient le remboursement immédiat des 375 millions d’euros de FRN. »
Cette dette, initialement portée par « des fonds
britanniques répertoriés »
a été rachetée sur le marché par « des fonds spéculatifs, occultes, apatrides, sans statut social
déterminé, domiciliés dans des paradis fiscaux, dont le seul but est de mettre la main à vil prix sur nos actifs polonais »,
poursuit le patron du groupe
de vins et spiritueux.

En l’occurrence les unités polonaises de production et la distribution de Sobieski, septième marque mondiale de vodka. C’est dans « ce seul objectif », affirme
Jacques Rouvroy, qu’« un quarteron de créanciers a réclamé le remboursement immédiat de la dette FRN, après que Belvédère a
dépassé le seuil de 10 % des actions en autocontrôle, contrairement aux termes du contrat obligataire souscrit »
. Il n’en veut pour preuve que le refus des
créanciers de revenir à de meilleurs sentiments, alors que le groupe avait ramené son autocontrôle à 5 %.

MARIE-JOSÉ COUGARD, Les Echos

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