Agriculture: la réorientation des aides de la PAC ne rassure pas complètement

 

A partir de 2010, une enveloppe de près de 1,4 milliard d’euros, soit 18% des aides directes reçues par les agriculteurs, sera «réorientée»
pour soutenir l’élevage, les régions de montagne, l’agriculture biologique et la production de protéine.

Le gouvernement a rendu ce lundi en fin de journée ses arbitrages sur la réorientation des aides de la Politique Agricole Commune, dont la France est la première
bénéficiaire.

A partir de 2010, une enveloppe de près de 1,4 milliard d’euros, soit 18% des aides directes reçues par les agriculteurs, sera «réorientée»
alors que la politique agricole européenne, dont la prochaine réforme est programmée en 2013, veut s’axer sur une agriculture «durable» et le
soutien aux zones fragiles.

Cette réorientation des aides qualifiée d’«ambitieuse et raisonnable» par le ministre de l’Agriculture Michel Barnier sera principalement mobilisée
pour soutenir l’élevage (à hauteur d’un milliard d’euros) ; sont également concernées les régions de montagne, l’agriculture biologique et la
production de protéine.

Ce n’est pas une surprise. Depuis plus d’un an, Michel Barnier avait prévenu les céréaliers, qui ont jusqu’à présent été les
principaux bénéficiaires des aides européennes, qu’ils seraient mis à contribution.

L’élevage ovin et caprin, réputé plus fragile économiquement, bénéficiera d’une série de mesures, de même que les
«zones fragiles de montagne». L’objectif est aujourd’hui de «consolider l’économie agricole et l’emploi sur l’ensemble du territoire» a fait valoir le
ministre. Le gouvernement aidera en outre au développement de la production de protéines végétales, ainsi qu’à celui de l’agriculture biologique. La
recherche de performances énergétiques des entreprises agricoles, la gestion de l’eau et la biodiversité figurent également dans ce troisième
objectif. Enfin, 140 millions d’euros seront consacrés à la mise en place d’un fonds pour couvrir les risques climatiques et sanitaires.

Du côté de la FNSEA, premier syndicat agricole français, majoritaire chez les céréaliers, on estime que «certaines attentes ont été
satisfaites». «Mais des craintes n’ont pas été levées» a commenté le président Jean-Michel Lemétayer qui
réclame «un bilan de santé national à l’automne 2010» visant à faire le point sur la redistribution des aides.

A la Confédération paysanne, deuxième syndicat agricole qui revendique «une remise en cause du modèle productiviste», on se félicite du
soutien à l’élevage, et particulièrement du soutien aux éleveurs ovins.

 

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