Poursuite des combats malgré l’appel de l’ONU
9 Gennaio 2009
Israël poursuit ses opérations aux premières heures de vendredi dans la bande de Gaza, où la situation humanitaire a été jugée alarmante,
le Conseil de sécurité de l’ONU appelant à «un cessez-le-feu immédiat». Au moins 777 personnes sont mortes à Gaza depuis le
début de l’opération israélienne le 27 décembre. La situation humanitaire y est jugée de plus en plus alarmante.
Lire aussi: L’ONU suspend son aide aux Palestiniens.
Adoptée dans la nuit de jeudi à vendredi par 14 voix sur 15, les Etats-Unis s’abstenant, la résolution 1860 du Conseil de sécurité
«appelle à un cessez-le-feu immédiat, durable et pleinement respecté, menant au retrait complet des forces israéliennes de Gaza».
Elle «condamne toute violence et hostilité dirigées contre des civils et tout acte de terrorisme», et appelle notamment «à la fourniture sans
obstructions (…) de l’aide humanitaire».
Pendant son adoption, les opérations israéliennes se sont poursuivies dans la bande de Gaza, où près de 780 personnes sont mortes en 13 jours de combats.
Neuf Palestiniens, dont six de la même famille, ont été tués dans des raids aériens et des bombardements nocturnes, selon des sources médicales
et des témoins.
Dans le secteur de Jabaliya (nord), la famille endeuillée est celle de Fayez Salha, chef local du Front démocratique de libération de la Palestine (FDLP, gauche),
qui a été blessé et a notamment perdu sa femme et quatre de ses enfants dans un raid aérien, selon ces sources.
Auparavant, des témoins avaient rapporté une série de raids et de puissantes explosions dans la ville de Gaza. D’après ces sources, des obus
étaient en outre tombés dans les secteurs de Beit Lahya et Jabaliya, où les chars israéliens ont avancé d’environ 200 mètres.
Au moins 777 personnes sont mortes à Gaza depuis le début de l’opération israélienne le 27 décembre, selon un décompte établi
à partir de bilans de sources médicales palestiniennes. Plus de 3.200 ont été blessées.
La situation humanitaire y est jugée de plus en plus alarmante.
Jeudi, l’Unrwa, l’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens, a suspendu ses opérations après qu’un de ses convois eut
été touché par des obus israéliens. Un chauffeur palestinien a été tué par les tirs, près du terminal d’Erez, entre Gaza et
Israël.
«Nous maintiendrons cette suspension tant que les autorités israéliennes ne garantiront pas la sécurité de nos équipes», a
déclaré le porte-parole de l’agence Chris Gunness.
Déplorant une situation humanitaire «critique», il a affirmé qu’elle empirait «d’heure en heure» malgré une interruption
quotidienne des combats par l’armée israélienne pendant trois heures.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a condamné l’attaque contre le convoi, qui était clairement signalé par des drapeaux de
l’organisation.
Un million de personnes vivent sans électricité, 750.000 personnes sont sans eau et les hôpitaux fonctionnent en continu grâce à des
générateurs de secours qui risquent de s’arrêter en cas de manque d’essence, selon M. Gunness.
À la faveur d’une brève accalmie, les services de secours palestiniens ont récupéré au moins 35 corps de personnes mortes ces derniers jours
dans des zones demeurées inaccessibles aux ambulanciers.
Plus de 20 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans de nouvelles attaques jeudi, notamment dans les secteurs de Beit Lahya et Jabaliya (nord),
où des violents combats ont eu lieu.
Dans la soirée, une Ukrainienne et son bébé ainsi qu’une Marocaine et deux membres de sa famille sont mortes dans des tirs d’artillerie de
l’armée israélienne à Gaza, selon des sources médicales palestiniennes.
Par ailleurs, trois soldats israéliens dont deux officiers sont morts lors d’opérations dans le nord de la bande de Gaza, selon un porte-parole de
l’armée, portant à 10 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de l’offensive destinée à contraindre le Hamas
à mettre fin à ses attaques à la roquette.
Ces tirs, qui ont tué quatre Israéliens dont un soldat depuis le 27 décembre, ont continué jeudi sur le sud d’Israël, selon l’armée,
blessant quatre soldats, dont deux grièvement.
Dans la même journée, un émissaire israélien, Amos Gilad, s’est lui rendu au Caire pour évoquer des propositions de cessez-le-feu du
président égyptien Hosni Moubarak, élaborées en coordination avec son homologue français Nicolas Sarkozy.
Revenu à Jérusalem, il a rendu compte au Premier ministre Ehud Olmert.
Le Hamas, de son côté, a estimé que l’initiative égyptienne ne constituait «pas une base valable» pour une trêve.
Pour la deuxième semaine consécutive, le mouvement islamiste a appelé les Palestiniens à marquer, vendredi, «une Journée de la
colère» par des manifestations à Jérusalem-est et en Cisjordanie occupée.
Dans le nord d’Israël, au moins deux roquettes katioucha tirées du Liban sont tombées dans l’ouest de la Galilée, dans le secteur de Nahariya et du
kibboutz Kabri, blessant légèrement deux femmes.
L’armée israélienne a tiré en riposte plusieurs obus vers le Liban.
Israël a relativisé la portée de cette attaque, qui n’a pas été revendiquée, dans un souci de ne pas ouvrir un second front. Le mouvement
chiite libanais Hezbollah, ennemi juré d’Israël, a nié toute implication.




