Concours général agricole des animaux: la génétique 1ère toutes catégories

By Redazione

 

«Y’a pas de hasard». Lucien Deloche, éleveur de champions charolais est catégorique, le hasard n’a pas sa place dans la fabrication d’un taureau de concours,
ni dans l’élevage en général.

L’important c’est la sélection génétique, la seule qui gagne à tous les coups.

Pelage blond frisé, encore luisant de beauté, Adonis, 4 ans, 1.571 kg, a été élu lundi meilleur taureau charolais tous âges confondus pour sa
première participation au concours général du Salon de l’agriculture, le plus prestigieux des concours français.

Une telle récompense pour une première participation est un résultat rare mais qui n’étonne outre mesure M. Deloche, le naisseur du champion: «c’est le
petit fils de Joyau. Et Joyau, il a tout gagné, Paris (le concours général agricole du salon, NDLR), les concours nationaux».

«Joyau a également deux filles qui ont déjà remporté plusieurs concours».

Et de poursuivre la généalogie d’Adonis, «sa mère est une très bonne Charolaise mais qui a des petits défauts un peu disgracieux, du coup elle
n’a pas fait de concours».

«Y’a pas de hasard. Un taureau qui n’a pas un champion parmi ses ancêtres, il ne gagnera jamais Paris», dit-il.

Autre champion charolais, Vauban, 1.528 kg, 1er prix dans sa catégorie (5 ans), a «une mère, une grand-mère et une arrière grand-mère qui ont
toutes les trois été premières à Paris», explique Jean-Marc Micaud, propriétaire de la bête.

D’ailleurs, les animaux qui ne sont pas inscrits sur le livre de leur race ne peuvent pas concourir.

La génétique est surtout devenue omniprésente dans l’élevage. Ici, pas de modification, ni de manipulation génétique, seulement de la
sélection «pour améliorer les races» en utilisant «des outils statistiques très pointus», selon Serge Bazin, directeur de la
fédération du contrôle laitier et des bovins de croissance.

«La génétique permet de produire plus avec moins et on y est obligé», ajoute-t-il. «Nous serons 10 milliards sur terre en 2050. Or la terre
disponible pour l’agriculture se réduit, tout comme l’eau, mais également le pétrole qui nous permet de produire des engrais».

Ainsi, si en 1984, la France produisait son quota de lait avec 7 millions de vaches laitières. Aujourd’hui, le même quota est réalisé par 3,6 millions de
bêtes, selon des chiffres fournis par les organisateurs du Salon.

Alors on sélectionne les meilleurs specimen, «surtout les mâles, ceux dont on sait qu’ils amélioreront la race», dit Bernard Roux, président de
France Limousine sélection.

Pourquoi les mâles? «Parce qu’il a plus de descendance (un même reproducteur peut vendre des milliers de paillettes dont une seule est nécessaire pour
féconder une vache) et parce que les résultats se voient plus vite», ajoute-t-il.

«Ce qui importe, c’est que les animaux transforment bien l’herbe en viande ou en lait», résume-t-il. Même si «la génétique permet aussi par
exemple de sélectionner les vaches qui vêleront sans difficulté».

Ceint d’une écharpe tricolore, Adonis va faire l’admiration des visiteurs jusqu’à dimanche. Il poursuivra ensuite sa carrière de reproducteur, de manière
naturelle ou par insémination artificielle.

Ses veaux pourraient se vendre «jusqu’à trois ou quatre fois plus cher» que ceux dont les parents non pas été primés, escompte Lucien Deloche.

Quant à l’insémination artificielle, il a été vendu des paillettes de son grand-père «dans le monde entier, ce qui a rapporté entre 130
et 140.000 euros», à son propriétaire, le GAEC Deloche.

Devenu vieux taureau à la chair un peu trop ferme, Adonis finira en boucherie à 8 ou 10 ans, en steack haché.

 

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